Mort aux coquilles!

Lagacé, Patrick, La Presse, « Une ministre très occupée », 12 avril 2012, p. A3.

Ce matin, en lisant la chronique de Patrick Lagacé, me sautent aux yeux pas une, mais deux coquilles! Si dans l’imprimé les coquilles sont chose courante, il n’en demeure pas moins que toutes les fois mes yeux saignent de les rencontrer!

Qu’est-ce qu’un paronyme?

Encore une erreur de vocabulaire qui peut parfois faire sourire : j’ai nommé le paronyme. Le plus drôle, c’est lorsque ce type d’erreur est le résultat d’une hypercorrection, ce que Pierre Bourdieu décrit comme le «phénomène caractéristique du parler petit-bourgeois». (1)

Mais qu’est-ce qu’un paronyme?
Un paronyme est un mot dont la prononciation et l’orthographe ressemblent à celles d’un autre mot, mais dont le sens diffère. Cette ressemblance formelle entre deux mots, la paronymie, du grec para «à côté» et onoma «nom», est une source d’erreurs. Voici quelques exemples de paronymes :

Inculper et inculquer
Éruption et irruption
Collision et collusion
Amnistie et armistice
Éminent et imminent

Source : Office québécois de la langue française
1. (Revue Le français aujourd’hui, 41, mars 1978, pp. 4-20 et Supplément au n° 41, pp. 51-57.

Qu’est-ce qu’un barbarisme?

Voici la définition que propose l’Office québécois de la langue française :

«Un barbarisme est une erreur de vocabulaire qui touche la forme du mot. Il peut s’agir d’un mot existant qui est déformé ou d’un mot qui n’existe pas. On parle de barbarisme lexical lorsque la déformation affecte un élément du lexique, par exemple hynoptiser au lieu de hypnotiser, et de barbarisme grammatical lorsque c’est la partie grammaticale du mot qui est touchée, par exemple courrirait au lieu de courrait. La plupart des barbarismes lexicaux résultent de l’inversion de lettres (aréoport au lieu de aéroport), de l’ajout de lettres (disgression au lieu de digression) ou d’une analogie indue avec un autre mot (tête d’oreiller au lieu de taie d’oreiller).»

Dans la bouche d’un enfant, les barbarismes sont la plupart du temps attendrissants, voire créatifs! Par moment, on se demande même pourquoi les grammairiens ne s’inspirent pas de ces mots d’enfants pour remanier – et simplifier – la langue française!

Pour en connaître davantage, consultez la section «barbarismes lexicaux» de l’Office québécois de la langue française.

Insoutenable cliché

Aujourd’hui, un petit rappel concernant l’usage abusif et trop souvent erroné de l’expression «au niveau de» s’impose :

L’expression au niveau de est devenue un cliché. L’emploi abusif de cette locution lui a fait perdre son sens premier : au niveau de implique avant tout, au propre comme au figuré, l’idée d’élévation, de hauteur, de rang, de comparaison. Cette expression signifie «à la hauteur de, à la portée de, sur la même ligne que».

Exemples :
– Le wagon se trouve au niveau du quai.
– La porte s’ouvre au niveau du jardin.
– Le professeur doit se mettre au niveau des élèves.
– Cette décision a été prise au niveau de la direction.

Plusieurs emplois indus de cette expression empiètent en fait sur des emplois d’autres locutions : dans le domaine de, en matière de, du point de vue de, sur le plan de, au sujet de, pour ce qui est de, etc.

Exemples :
– La doyenne a prévu de nouveaux programmes en matière de santé communautaire. (et non : au niveau de la santé communautaire)
– Dans le domaine de la production agricole, les prévisions budgétaires sont encourageantes. (et non : au niveau de la production agricole)
– Le talent de ce chercheur se manifeste surtout sur le plan de la synthèse. (et non : au niveau de la synthèse)

On peut aussi remplacer au niveau de par les prépositions à, pour, dans, chez tout simplement.

Exemples :
– Les conséquences du divorce sont désastreuses pour les enfants. (et non : au niveau des enfants)
– Chez les fonctionnaires, la réaction a été vive. (et non : au niveau des fonctionnaires)
– La réussite réside dans le travail acharné. (et non : au niveau du travail acharné)
– Il vient de subir une opération au cœur. (et non : au niveau du cœur)

Source : Office québécois de la langue française