[Extraits] Atavismes

« Les lieux communs ne signifient plus rien, mais ils tirent tous leur origine d’une vérité éprouvée. En voici une : un choix est un embarras. Ce n’est pas un état perpétuel. On n’y survivrait pas. Ça peut arriver, disons, une fois tous les cinq ans. Oui, comme aux élections : un grand événement survient toutes voiles dehors, on sort les trompettes, fier de participer à quelque chose d’important, on se commet. Puis un nouvel engrenage s’enclenche qu’on ne contrôlera pas. Figurant dans sa propre histoire. Peu importe qu’on se demande chaque matin si on va manger des oeufs ou des céréales. » (p. 49)

« Mon enfant est une merveille, au sens où très peu l’entendent, même si tous emploient l’expression. Il n’accomplit aucun exploit. Il est ma fenêtre sur ce monde verrouillé, celui qui me fait prendre conscience de l’étrangeté de l’habituel et de la précarité du droit acquis d’être ici, en ces temps d’obscurité stroboscopique, côtoyant des gens qu’on aime oisivement au point de ne plus les voir, car aujourd’hui nous accapare et demain arrive, prévu, rempli d’avance, prêt à être biffé sur le calendrier. » (p. 61-62)

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