Désinvolture, clichés et atomes crochus

Atomic

Le 13 février dernier, lasse de lire l’expression «ovni littéraire» dans les journaux, je rédigeais un billet à ce sujet dans lequel je recensais quelques exemples de journalistes en panne d’inspiration quand vient le temps de  qualifier une œuvre singulière / déroutante / originale / drastique / étrange / curieuse / radicale / atypique.  Je l’avoue : j’entretiens une solide relation amour-haine avec les clichés journalistiques.

Un matin de mai, après avoir lu en diagonale le cahier Arts de La Presse, je rédige ce tweet : «L’électron libre serait-il le cousin de l’ovni littéraire? #cliché #bebitte». À mes yeux, il est clair que cette désinvolte « bebitte » pond des ovnis littéraires / cinématographiques / théâtraux ou encore participe à de telles créations. Silence radio dans la twittosphère, pas de gloriole du jour. Mais la prolifique et très disciplinée Oreille tendue était là, elle, et a recensé aujourd’hui pour nous quelques exemples où l’expression électron libre est utilisée pour décrire une «personne qui agit de manière indépendante (par rapport à un ensemble, une institution)» (Petit Robert, édition numérique 2010). Remercions-la, une fois de plus, d’avoir fait le travail pour nous. Décidément, moi et l’Oreille avons quelques atomes crochus.

Électron libre

Mémère-la-virgule [suite]

Le 19 avril dernier, je publiais un billet dans lequel je relevais la présence d’une grossière coquille dans une chronique de Pierre Foglia («dates» au lieu de «dattes»). Alors c’est avec un œil amusé que je lisais le 29 avril la note suivante :

«MERCI – J’ai reçu une bonne quinzaine de commentaires pour ma série sur l’Irak, là-dedans je compte les deux que j’ai reçus à Bagdad, ce jour-là, y’avait eu comme une tempête de sable sur la ville, j’en avais partout, la douche ne fonctionnait pas, faisait chaud, j’étais fatigué, c’était le jour de mon texte sur les 100 morts et 200 blessés, je suis allé lire mes courriels, j’en avais deux, les deux disaient exactement la même chose: hé, pépère la virgule, vous écrivez: « Je suis dans une classe de petite filles », ça prend un «s» à petites.

C’est vrai. Une chance que vous êtes là.»

Ouain. Pas fort. Presque personne pour souligner au chroniqueur la magnificence de sa série sur l’Irak. Après tout, peu de journalistes réussissent à raconter l’horreur avec tant de beauté. C’eût été swell de le louanger un brin. En revanche, deux zélés lui ont reproché l’oubli d’une règle d’accord pourtant élémentaire. Pff! Quel manque de civilité!

Parce qu’on m’a bien élevée et que l’on m’a appris la courtoisie, la délicatesse et la diplomatie, je décide de lui écrire le message suivant :

Bonjour,
J’ai souri ce matin en lisant le dernier segment de votre chronique. Si vous aviez été sur Twitter ou Facebook (!), vous auriez appris que Mémère-la-virgule avait repéré une autre faute dans votre série sur l’Irak qui l’a bien fait sourire (pas la série, là, la faute).
Bien cordialement,
Marie-Claude Masse, alias Mémère-la-virgule
*
Aujourd’hui, c’est avec étonnement que je lis la note suivante :
Pépère-la-virgule

Non seulement Foglia ne répond pas à ses courriels, mais il prétend que son lectorat — pas assez «allumé» —, a passé sous silence cette faute. Eh, faut pas pousser Mémère-la-virgule dans les orties! J’ai en réserve quelques San Marzano. La prochaine fois que je vois un septuagénaire pousser son bécik dans une côte des Cantons, je lui en garroche une bien mûre.