Le mot du jour : béni-oui-oui

Il y a de ces mots qui sont de la musique pour les oreilles et béni-oui-oui en est un. Emprunt à l’arabe magrébin benī, pluriel de ben, ‘fils de’, du français moderne oui, et du français moderne oui, béni-oui-oui a un usage très limité au Québec, quoiqu’on le rencontre parfois dans la presse écrite. Pourtant, on ne manque pas de «personne[s] qui approuve[nt] systématiquement toutes les initiatives d’un pouvoir établi» (Antidote), mais dans le registre tout aussi familier, on préférera taxer ces béni-oui-oui de licheux, de téteux, de licheux de cul ou de suceux. Plus poliment, on dira de ces gens qu’ils sont des flagorneurs.

Richard Desjardins, dans Les Bonriens, modifie la graphie de béni-oui-oui, ce qui a pour effet d’accentuer la mollesse de son bonrien :

Quel est votre nom?
Moi, c’est Béni-ouin-ouin.
Votre occupation?
Ben, aspirant bonrien.

Bien sûr, on appréciera toujours plus les esprits contestataires, dissidents, indépendants et non conformistes, mais force est d’admettre que béni-oui-oui, c’est joli.

Un tsunami de clichés

Aujourd’hui, la prolifique Oreille tendue commence la semaine avec force puisqu’elle consacre le sujet d’un billet aux clichés, plus précisément ceux formés d’une «association obligatoire de mots», parmi lesquels se trouvent deux de mes suggestions : «Le cynisme est toujours aussi ambiant que la vérité est criante.» Je voudrais en ajouter un autre qui m’horripile; j’ai nommé l’éculé tsunami d’émotions, qui fêtera en décembre ses dix années de présence dans les journaux. Le dévastateur tsunami qui a frappé l’Asie du Sud le 26 décembre 2004, en plus d’avoir fait des centaines de milliers de victimes, a fait naître dans la presse toute une gamme d’expressions formées avec le mot tsunami. Je décrète que le règne de cette expression vide a assez duré : enterrez-la et partez à la recherche de nouvelles métaphores, mais de grâce, ailleurs que dans le champ lexical de la météorologie.

[COMPLÉMENT]
Benoît Melançon, qui est derrière l’Oreille tendue, m’a écrit pour m’informer qu’il s’est aussi penché sur cette expression. Vous pouvez lire son billet ici.

Ressources en ligne

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous les ressources en ligne que je consulte régulièrement dans le cadre de mes activités de révision linguistique et structurale. Ce sont de précieux outils (gratuits!) pour quiconque désire rédiger selon les règles du bon usage.

1. La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française :
Très complète, cette banque recense à peu près tous les sujets liés à la langue française. Les gabarits sont clairs et les exemples nombreux.

2. Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française :
Chaque fiche vous renseignera sur un concept lié à un domaine d’emploi spécialisé en présentant les termes qui le désignent en français.

3. Termium Plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada :
Présente les mêmes fonctions que le Grand dictionnaire terminologique, mais est plus complet. Vous y trouverez également une foule de ressources, dont celle ci-dessous.

4. Le Rouleau des prépositions :
Le Rouleau des prépositions est l’œuvre de Maurice Rouleau et s’avère un incontournable pour la maîtrise des prépositions en français.

5. La Banque de noms de lieux du Québec de la Commission de toponymie :
Très utile quand vient le temps, par exemple, d’écrire une adresse : 1234, Mont Royal ou 1234, avenue du Mont-Royal? 5678, 3e avenue ou 5678, 3e Avenue?

Bien sûr, il existe d’autres ressources en ligne gratuites, mais ce sont principalement ces cinq dernières que j’utilise presque quotidiennement. Et vous? Quelles sont-elles?

Bilan + Objectifs

Le mois de janvier signifie pour moi, outre de mettre à jour ma comptabilité de l’année précédente, tâche que je m’efforce de réaliser sans trop souffrir, le moment de faire un bilan et de penser aux objectifs que je souhaite réaliser dans la nouvelle année.

2013 m’aura apporté son lot de bonnes nouvelles, mais j’en retiendrai trois. Je me souviens avec plaisir de ce jour de mars où Simon Jodoin, rédacteur en chef du journal Voir, m’a écrit pour savoir si je souhaitais corriger occasionnellement les textes du journal (merci une fois de plus à Dominic Tardif d’avoir recommandé mes services). Souhaitais? Bien sûr que oui, le mot est faible! Ce que je ne savais pas, c’est qu’au mois de juin, je deviendrais la seule personne à corriger tous les textes des deux éditions papier du journal, c’est-à-dire celles de Montréal et de Québec. Au Voir, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et c’est un réel bonheur de lire en exclusivité tous ces textes écrits par des gens passionnés de culture, d’admirer les unes du journal avant tout le monde, de corriger parfois dans des délais serrés des textes censés «rentrer» plus tôt (non, ce n’est pas vraiment plaisant, ça, mais ça procure quand même un petit rush d’adrénaline!) et de participer sommairement à la création du dernier journal culturel gratuit qui fait office de doyen dans la province sans pour autant vieillir. Merci, donc, à cette équipe du Voir, avec laquelle j’espère longtemps collaborer.

En plein zénith de l’été, c’est la très chouette Kim Doré des éditions Poètes de brousse qui communiquait avec moi pour me proposer la correction d’un recueil inédit de poèmes d’Emmanuel Cocke (L’exquis cadavre) et de la réédition d’un recueil de Jean-Paul Daoust (111, Wooster Street). Quelle fierté! J’avais si hâte qu’une maison d’édition digne de ce nom retienne mes services! Ce que je ne savais pas, c’est que naîtrait entre nous un esprit de collaboration dont tout le monde rêve, et qu’on m’offrirait ensuite de corriger un essai de Normand Baillargeon (Légendes pédagogiques), à qui je voue une sincère admiration. J’espère que je ne vous apprends rien : Normand, en plus de posséder une culture générale – dans le sens très noble du terme – absolument phénoménale, est d’une gentillesse exemplaire. Encore en décembre, Poètes de brousse m’offraient de corriger le troisième tome des Odes radiophoniques du poète radio-canadien. Quelle chance, vraiment.

Kim a généreusement recommandé mes services à D. Kimm (Les Filles électriques), qui était à la recherche d’une personne pour réviser les textes du festival Phénomena, la nouvelle mouture de l’ancien festival Voix d’Amérique. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais des artistes aussi talentueux que D. Kimm, audacieux, éclatés et qui roulent leur bosse depuis longtemps dans les circuits, disons, marginaux, ça ne court pas les rues. En tout cas, j’étais terriblement fière d’obtenir ce contrat et j’espère avoir le plaisir de participer à l’édition 2014. Longue vie à Phénomena!

Maintenant, je souhaite que 2014 soit bonne avec moi et :

Qu’elle me fasse rencontrer des personnes talentueuses, intègres, créatives et bien sûr gentilles.
Qu’elle m’offre la révision d’une BD et d’un roman, chez La Pastèque, Alto, Marchand de feuilles ou Le Quartanier.
Qu’elle m’apporte quelques contrats de révision des communications de festivals (FILFTAFNC, etc.).