Se payer des vacances

Ces jours-ci, je réfléchis à l’expression «se payer des vacances», qui illustre parfaitement ma réalité de travailleuse autonome. En effet, en m’offrant deux maigres semaines de congé, je dois me «payer» littéralement des vacances : je ne corrigerai pas les éditions de Montréal et de Québec du journal Voir du 21 août, j’aurai eu à refuser deux beaux contrats de correction d’un client régulier en édition et, surtout, j’aurai perdu cette occasion rêvée de collaborer pour la première fois avec un éditeur que j’estime énormément, et qui m’aurait en outre fait la grâce de m’offrir la révision d’une belle brique romanesque. Je ne me plains pas — enfin, quand même un peu, oui —, mais aux personnes qui s’imaginent parfois que le travail autonome n’apporte que des avantages, j’aimerais leur dire ceci : les vacances, ça coûte cher.

Et les pertes financières ne sont pas celles qui font le plus mal.

Les écoles de langues du Collège de Middlebury

La fin de semaine dernière, j’ai découvert la magnifique petite ville de Middlebury, au Vermont. Ma belle-sœur, Élise Salaün, enseigne l’été à l’École française du Collège de Middlebury (Vermont) depuis maintenant quinze ans, et c’était la première fois que je la visitais. Tous les bâtiments du collège sont absolument époustouflants. Les plus anciens datent du début du 19e siècle (le collège a été fondé en 1800) et les plus récents respectent des critères d’esthétique hautement appréciables. L’été, des étudiants venus de partout viennent apprendre durant quelques semaines une langue étrangère –  le français, l’allemand, le russe, l’italien, le chinois, l’espagnol, le portugais, l’hébreux, l’arabe, le japonais – et ont accès à une multitude de cours (de grammaire, bien sûr, mais aussi de littérature, notamment), non sans avoir payé des frais d’études exorbitants. Qu’on se le dise : ce n’est qu’une frange de privilégiés qui a accès au savoir de Middlebury. Heureusement, des bourses sont octroyées aux moins fortunés.

Midd plan aérien

Vue aérienne du campus

Le Château, construit en 1925

Le Château, construit en 1925

Moi, l’amoureux et les enfants, devant La Chapelle, construite en 1916

Les toits du Collège de Middlebury

Les toits du Collège de Middlebury

Pour la deuxième année consécutive, Dany Laferrière était invité comme conférencier. J’ai eu la chance de l’entendre parler pendant une heure et demie du rapport qu’il entretient avec sa terre d’accueil, des différences et ressemblances entre Haïti et le Québec, d’anecdotes à propos de son arrivée à Montréal – par exemple, ce que pouvait représenter pour lui posséder pour la première fois une «chambre à soi». Laferrière a été hyper généreux et les étudiants ont grandement apprécié sa conférence.

Midd conférence Dany

Dany Laferrière et son public attentif

Le lendemain, ma famille et moi avons eu droit à un tour guidé de Middlebury, qui est tout à fait charmante avec son splendide pont et ses nombreux petits commerces. Bristol, une petite ville dans les Montagnes vertes, m’a aussi beaucoup plu. Mais le plus chouette, ce sont les chutes et nombreux petits bassins dans lesquels nous pouvons nous rafraîchir – à cinq minutes du centre-ville – et qui sont très faciles d’accès.

Une des nombreuses chutes de Bristol

Une des nombreuses chutes de Bristol

L’après-midi s’est vraiment bien terminé. Invités à un BBQ, nous avons pu profiter d’un site vraiment enchanteur et offrant une vue imprenable sur les Montagnes vertes (les clichés me rattrapent), en plus d’avoir la chance de discuter avec des gens exceptionnels. Si j’étais prétentieuse, j’en profiterais pour vous dresser la liste, mais ce n’est pas tellement mon genre. Disons seulement que j’ai pu notamment jaser avec un académicien, et que la chose fut bien plaisante. Je ne pensais jamais parler un jour de Jehane Benoît et de Bob Dylan avec un fier représentant de l’Académie française…

Les enfants et leur terrain de jeux

Les enfants et leur terrain de jeux

 

*Les troisième, cinquième et septième photos sont de mon beau-frère, Eric Dahl. Les autres ont été trouvées sur le web.