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Ressources en ligne

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous les ressources en ligne (gratuites!) que je consulte régulièrement et qui me sont de très précieux outils.

1. La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française :
Très complète, cette banque recense à peu près tous les sujets liés à la langue française. Les gabarits sont clairs et les exemples nombreux.

2. Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française :
Chaque fiche vous renseignera sur un concept lié à un domaine d’emploi spécialisé en présentant les termes qui le désignent en français.

3. Termium Plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada :
Présente les mêmes fonctions que le Grand dictionnaire terminologique, mais est plus complet. Vous y trouverez également une foule de ressources, dont celle ci-dessous.

4. Le Rouleau des prépositions :
Le Rouleau des prépositions est l’œuvre de Maurice Rouleau et s’avère un incontournable pour la maîtrise des prépositions en français.

5. La Banque de noms de lieux du Québec de la Commission de toponymie :
Très utile quand vient le temps, par exemple, d’écrire une adresse : 1234, Mont Royal ou 1234, avenue du Mont-Royal? 5678, 3e avenue ou 5678, 3e Avenue?

Bien sûr, il existe d’autres ressources en ligne gratuites, mais ce sont principalement ces cinq dernières que j’utilise presque quotidiennement (en plus du logiciel Antidote, pour son outil de correction, bien sûr, mais surtout pour ses nombreux dictionnaires). Et vous? Quelles sont-elles?

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Bilan 2013

Le mois de janvier signifie pour moi, outre de mettre à jour ma comptabilité de l’année précédente, tâche que je m’efforce de réaliser sans trop souffrir, le moment de faire un bilan de l’année qui vient de passer.

2013 m’aura apporté son lot de bonnes nouvelles, mais j’en retiendrai trois. Je me souviens avec plaisir de ce jour de mars où Simon Jodoin, rédacteur en chef du journal Voir, m’a écrit pour savoir si je souhaitais corriger occasionnellement les textes du journal (merci une fois de plus à Dominic Tardif d’avoir recommandé mes services). Souhaitais? Bien sûr que oui, le mot est faible! Ce que je ne savais pas, c’est qu’au mois de juin, je deviendrais la seule personne à corriger tous les textes des deux éditions papier du journal, c’est-à-dire celles de Montréal et de Québec. À Voir, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et c’est un réel bonheur de lire en exclusivité tous ces textes écrits par des gens passionnés de culture, d’admirer les unes du journal avant tout le monde, de corriger parfois dans des délais serrés des textes censés «rentrer» plus tôt (non, ce n’est pas vraiment plaisant, ça, mais ça procure quand même un petit rush d’adrénaline!) et de participer sommairement à la création du dernier journal culturel gratuit qui fait office de doyen dans la province sans pour autant vieillir. Merci, donc, à cette équipe, avec laquelle j’espère longtemps collaborer.

En plein zénith de l’été, c’est la très chouette Kim Doré des éditions Poètes de brousse qui communiquait avec moi pour me proposer de réviser un recueil inédit de poèmes d’Emmanuel Cocke (L’exquis cadavre) et la réédition d’un recueil de Jean-Paul Daoust (111, Wooster Street). Quelle fierté! J’avais si hâte qu’une maison d’édition digne de ce nom retienne mes services! Ce que je ne savais pas, c’est que naîtrait entre nous un esprit de collaboration dont tout le monde rêve, et qu’on m’offrirait ensuite de réviser un essai de Normand Baillargeon (Légendes pédagogiques), à qui je voue une sincère admiration. J’espère que je ne vous apprends rien : Normand, en plus de posséder une culture générale – dans le sens très noble du terme – absolument phénoménale, est d’une gentillesse exemplaire. Encore en décembre, Poètes de brousse m’offraient de réviser le troisième tome des Odes radiophoniques du poète radio-canadien. Quelle chance, vraiment.

Kim a généreusement recommandé mes services à D. Kimm (Les Filles électriques), qui était à la recherche d’une personne pour réviser les textes du festival Phénomena, la nouvelle mouture de l’ancien festival Voix d’Amérique. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais des artistes aussi talentueuses que D. Kimm, audacieuses, éclatées et qui roulent leur bosse depuis longtemps dans les circuits, disons, marginaux, ça ne court pas les rues. En tout cas, j’étais terriblement fière d’obtenir ce contrat et j’espère avoir le plaisir de participer à l’édition 2014. Longue vie à Phénomena!

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Les tranchées : un plaidoyer pour l’ambiguïté

Les tranchées

J’ai reçu par la poste hier mon exemplaire du p’tit dernier de la collection «Documents» d’Atelier 10. Il fait tout juste une centaine de pages, mais la densité des idées est follement impressionnante. Que sont Les tranchées? Tout d’abord, littéralement, le terme renvoie à ces contractions qu’ont les femmes durant les jours qui suivent leur accouchement. Mais au sens figuré, les tranchées sont cet endroit où les mères — et pourquoi pas les pères — pourraient s’abriter pour se protéger des nombreux discours culpabilisants entourant la parentalité et des tirs venant de toute part — médias, littérature, organismes gouvernementaux, etc. En tout cas, c’est la lecture que j’en fais.

Les tranchées portent également le sous-titre : Maternité, ambigüité et féminisme en fragments. Le fond et la forme empruntent donc au féminin. Un peu à la manière de Suzanne Jabob dans La bulle d’encre ainsi que l’ont fait de nombreuses autres, la théorie nous est livrée sous forme d’anecdotes véritables. Par anecdotes, j’entends les expériences réelles de ces femmes qui nous livrent leur point de vue sur la maternité, qu’elles soient mères ou non. Nous ne nageons pas ici dans la fiction : nous avons les deux pieds ancrés dans le réel et le matériel. Fanny Britt s’est entourée de huit collaboratrices avec qui elle discute de nombreux enjeux liés à la maternité d’aujourd’hui. Le ton de toutes est sincère, leur propos est éclairé et le mot «vulnérabilité» est maintes fois réhabilité. Juste pour cela, nous devons les en remercier.

J’ai envie partager avec vous quelques phrases qui ont été pour moi un moment de grâce. Tantôt, j’avais l’impression que c’était moi qui les disais; tantôt, j’aurais aimé les énoncer. Je souhaiterais être invincible aux tirs des discours ambiants, mais je me fais parfois atteindre par l’un d’eux. Il me faut alors creuser plus profondément ma tranchée.

Je sais d’ores et déjà que ma rencontre avec l’univers de ces neuf femmes sera un grand moment dans ma vie de lectrice, de mère et de féministe. Il y a presque un an, j’écrivais un billet sur Littéraires après tout dans lequel j’en appelais à la liberté du paradoxe dans le combat féministe («combat», bien sûr que oui). Cette posture, c’est-à-dire celle du paradoxe (ou de l’ambiguïté, plus joliment), je tente de m’en approcher dans toutes les sphères de ma vie, car c’est elle qui m’offre le plus de libertés (oui, au pluriel).

«Nous manquons cruellement de tolérance par rapport à l’ambigüité. Comme les anxieux chroniques souffrent d’intolérance à l’incertitude, il y a dans la maternité actuelle un rejet de l’ambivalence qui me peine et me révolte» (12-13), écrit Fanny Britt dans son introduction. Écoutons ce qu’elle a à nous dire. Écoutons ses collaboratrices qui nous offrent leur regard sur la maternité et le féminisme. Tendons l’oreille, ce qu’elles nous disent est important. Ci-dessous, quelques extraits choisis :

Au sujet du corps post-partum, Fanny Britt aura cette réflexion : «Cette robe de bal [de chair], c’est un ventre plat, tendu, sans marques (celles que j’appelle cicatrices pour me cacher leur vraie nature de vergetures), sans replis, sans aucune trace du passage de l’adorable bébé de lait que la princesse tient sur sa hanche. Cette robe est faite de tonus musculaire et de sexualité tous azimuts, elle est un cintre à bikini, avec des seins parfaits, élégants, pas trop gros.» (23) Et Catherine Voyer-Léger de lui répondre : «La première chose qui me frappe dans ce que tu me dis, c’est comment nous sommes fortes, entre nous, pour ramener constamment notre corps à un enjeu public.» (Idem)

Et encore une fois, Catherine qui aura cette réflexion on ne peut plus juste : «La mère créative n’est qu’une autre variante de la mère parfaite. C’est la mère parfaite pour les cools. Mais elle colporte la même pression, la même étroitesse de modèles, le même impératif de juger de sa valeur selon le nombre de « J’aime » qu’elle reçoit sur Facebook. Dans ce contexte, la créativité devient une formule creuse comme toutes les autres, et dans la vraie réalité de l’expérience humaine, elle se révèle aussi utile qu’une paire de ciseaux du Dollorama.» (25)

Fanny Britt : «N’est-il pas là, le plus grand paradoxe de la maternité? On veut faire des enfants, parfois jusqu’à l’obsession, jusqu’à nier la valeur de toutes les autres sphères de l’existence, et pourtant la tâche est pénible, souvent. Je ne parle pas ici du quotidien […]. Je parle de l’angoisse profonde de s’arroger la responsabilité d’un autre humain, je parle de l’amour submergeant, tyrannique […]» (35)

Annie Desrochers, mère de cinq enfants : «Je me demande encore ce que ça représente, être « une mère qui a beaucoup d’enfants ». Celle que l’on plaint? Peut-être un peu. Celle que l’on envie? Peut-être aussi. Mais celle qui a le plus de réponses? Et si c’était celle qui n’avait ni réponses, ni questions? C’est parfois comme ça, avec mon bébé. Je m’aperçois que je le materne sans questions et sans réponses non plus. Et bon sang que c’est bon.» (42)

Avec Madeleine Allard, Fanny jasera entre autres de modèles de mères, celles qu’on aspire en secret à devenir, et celles qu’on déteste un peu parfois aussi : «L’exposition à ces modèles est donc à double tranchant, rien d’étonnant là-dedans. Je reviens à ta question : pourquoi s’y soumettre autant, alors? Parce qu’on mesure notre valeur à l’échelle des autres. Parce qu’on est dépossédées de notre instinct.» (45)

Madeleine, encore une fois : «Mais ce ne sont pas seulement les stars que je trouve belles. J’aime aussi voir mes copines arborer fièrement un bikini, malgré leurs vergetures plus ou moins apparentes, ou leur petit ventre ou leurs seins débordants. Je trouve que c’est beau et je suis heureuse de vivre à une époque où le corps d’une mère peut être sexualisé.» (51) Par ailleurs, Fanny Britt nous offrira quelques pages plus loin sa typologie des mères à la piscine. À lire, notamment pour le portrait qu’elle offre des «bikinis triangles», ces «reines de la pataugeoire» (66-68) : exultant!

À propos de l’inquiétude et implicitement de la culpabilité des mères, Madeleine aura cette phrase rassurante : «Je suis convaincue, absolument convaincue, que si on arrêtait toutes collectivement de s’en faire, ça serait ni mieux ni pire. Je veux dire, la Terre n’arrêterait pas de tourner. Nos enfants ne deviendraient pas des pas d’allure. Ça va faire ésotérique mon affaire, mais si on se laissait simplement guider par notre intuition, par ce qu’on ressent, par ce qu’on désire au plus profond de notre être, par ce qui nous fait sentir vivante, je suis convaincue que tout irait bien.» (52)

Geneviève Pettersen et Alexie Morin, présentées comme des féministes de la troisième vague, vivent leur maternité avec «l’impératif de la liberté et le choix individuel comme moteurs.» (57) À propos du «parentage mainstream», Alexie Morin aura cette très belle et lucide réflexion : «La vie sera bien assez dure comme ça — ma job à moi, ce n’est pas d’endurcir mon enfant, mais de l’aider à vivre.» (Idem.) Britt terminera ainsi ce chapitre : «Ce que j’entends dans les voix de Geneviève et d’Alexie, c’est le même souhait que le mien : le dévouement et l’instinct et l’égalité et l’ambition, dans la même mère.» (64)

Je pourrais continuer longtemps ainsi, tellement on trouve dans ce petit essai rose l’illumination, la grâce et la poésie réunies. Mais je vous invite plutôt à commander votre exemplaire en ligne, ou encore à visiter votre librairie préférée.

J’ose croire que dans quelques années s’effectuera un retour du balancier et que nous, les mères, serons plus libres et rebelles, que nous nous affranchirons de l’extrême pression sociale qui nous accable, que les discours culpabilisants seront chose du passé (laissez-moi rêver) et que la performance sera considérée comme une idée ringarde.

Un premier pas serait de brûler tous les livres de psycho sur le développement de l’enfant que vous possédez. Fiez-vous à votre jugement, instinct, intuition — bref, insérez ici le mot que vous préférez. Renoncez à vos certitudes et laissez entrer en vous — et je m’inclus dans le groupe — l’ambiguïté assumée.

Fanny Britt et ses collaboratrices revendiquent l’ambiguïté, et je joins ma voix aux leurs.

BRITT, Fanny et collab. Les tranchées. Maternité, ambigüité et féminisme en fragments. Atelier 10, coll. «Documents», no 04, 2013, 103 p.

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L’art de la classification

Comment classez-vous les livres de votre bibliothèque? Pour ma part, je suis psychorigide : une bibliothèque pour les textes de fiction classés par ordre alphabétique de nom d’auteur, et l’autre pour les essais classés par discipline (littérature, sociologie, féminisme, philosophie, science, environnement) et également en ordre alphabétique de nom d’auteur. Mon amie Alexandra m’a fait remarquer que j’avais une bibliothèque Dewey, ce qui m’a fait sourire, car je dis parfois à la blague que je réfléchis comme un fichier Excel, ce qui, avouons-le, n’est franchement pas reposant (et un brin névrosé). Enfin, si vous aimez vivre parmi les bouquins, je vous recommande l’achat de ce très beau livre.

Vivre parmi les livres

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