Bilan 2013

Le mois de janvier signifie pour moi, outre de mettre à jour ma comptabilité de l’année précédente, tâche que je m’efforce de réaliser sans trop souffrir, le moment de faire un bilan de l’année qui vient de passer.

2013 m’aura apporté son lot de bonnes nouvelles, mais j’en retiendrai trois. Je me souviens avec plaisir de ce jour de mars où Simon Jodoin, rédacteur en chef du journal Voir, m’a écrit pour savoir si je souhaitais corriger occasionnellement les textes du journal (merci une fois de plus à Dominic Tardif d’avoir recommandé mes services). Souhaitais? Bien sûr que oui, le mot est faible! Ce que je ne savais pas, c’est qu’au mois de juin, je deviendrais la seule personne à corriger tous les textes des deux éditions papier du journal, c’est-à-dire celles de Montréal et de Québec. À Voir, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et c’est un réel bonheur de lire en exclusivité tous ces textes écrits par des gens passionnés de culture, d’admirer les unes du journal avant tout le monde, de corriger parfois dans des délais serrés des textes censés «rentrer» plus tôt (non, ce n’est pas vraiment plaisant, ça, mais ça procure quand même un petit rush d’adrénaline!) et de participer sommairement à la création du dernier journal culturel gratuit qui fait office de doyen dans la province sans pour autant vieillir. Merci, donc, à cette équipe, avec laquelle j’espère longtemps collaborer.

En plein zénith de l’été, c’est la très chouette Kim Doré des éditions Poètes de brousse qui communiquait avec moi pour me proposer de réviser un recueil inédit de poèmes d’Emmanuel Cocke (L’exquis cadavre) et la réédition d’un recueil de Jean-Paul Daoust (111, Wooster Street). Quelle fierté! J’avais si hâte qu’une maison d’édition digne de ce nom retienne mes services! Ce que je ne savais pas, c’est que naîtrait entre nous un esprit de collaboration dont tout le monde rêve, et qu’on m’offrirait ensuite de réviser un essai de Normand Baillargeon (Légendes pédagogiques), à qui je voue une sincère admiration. J’espère que je ne vous apprends rien : Normand, en plus de posséder une culture générale – dans le sens très noble du terme – absolument phénoménale, est d’une gentillesse exemplaire. Encore en décembre, Poètes de brousse m’offraient de réviser le troisième tome des Odes radiophoniques du poète radio-canadien. Quelle chance, vraiment.

Kim a généreusement recommandé mes services à D. Kimm (Les Filles électriques), qui était à la recherche d’une personne pour réviser les textes du festival Phénomena, la nouvelle mouture de l’ancien festival Voix d’Amérique. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais des artistes aussi talentueuses que D. Kimm, audacieuses, éclatées et qui roulent leur bosse depuis longtemps dans les circuits, disons, marginaux, ça ne court pas les rues. En tout cas, j’étais terriblement fière d’obtenir ce contrat et j’espère avoir le plaisir de participer à l’édition 2014. Longue vie à Phénomena!

Été BD : trois suggestions

La bande dessinée est un genre non seulement méconnu, mais victime de bon nombre de préjugés : «Ce n’est pas de la vraie littérature», «Ce sont des œuvres légères destinées à un public jeunesse», «Ce n’est que du divertissement», «C’est juste des dessins»… la liste pourrait se poursuivre ainsi longtemps. J’aime la bande dessinée : petite, je lisais beaucoup de BD, mais j’ai délaissé le genre à l’adolescence — probablement parce que j’entendais ces idées reçues —, mais j’y suis revenue à l’âge adulte pour constater que le monde de la bande dessinée est pluriel et génial. En effet, la première bande dessinée que j’ai lue, que d’autres qualifieront de «roman graphique», est le fameux Maus d’Art Spiegelman, seule BD à avoir reçu le prestigieux prix Pulitzer (1992).

Au Québec, il se fait de l’excellente bande dessinée. Si Michel Rabagliati et Guy Delisle semblent faire l’unanimité (avec raison, selon moi) et ont atteint l’œil du grand public, d’autres auteurs mériteraient que l’on s’attache davantage à leur coup de crayon et leur texte. Je pense entre autres à Jimmy Beaulieu, Julie Doucet, Cyril Doisneau, Zviane, Philippe Girard, Pierre Bouchard, Francis Desharnais et beaucoup d’autres encore. Je vous invite à aller jouer dans les catalogues de La PastèqueLes 400 coups, Les Éditions Pow Pow ou encore la mauvaise tête : il est certain que vous trouverez chaussure à votre pied. Je commençais donc mon billet en vous disant que je vous offrirais trois suggestions de bandes dessinées. En fait, il s’agit plutôt de trois œuvres qui m’ont bouleversée, tant par leur propos que par leur très grande qualité visuelle. Les voici :

Maus

blankets

Persepolis