Objectif 2017

Il y a fort longtemps que je n’ai pas écrit un billet ici. Promis, j’essaierai d’être plus présente. La nouvelle année, c’est un cliché, apporte son lot de réflexions et d’objectifs à atteindre (ne parlons pas de «vilaines» résolutions, que nous peinons tous et toutes à honorer).

Parmi ceux-ci, je cherche en 2017 à trouver un nouveau client qui me fournira régulièrement du travail, que ce soit en révision ou en rédaction. Depuis quelques années, ma clientèle est essentiellement issue du milieu culturel ou de l’édition, mais je me verrais très bien travailler avec un client d’un tout autre domaine, à la condition qu’une relation de confiance, de respect et d’écoute règne.

J’ai la chance de compter parmi mes clients récurrents le magazine Voir et la revue Les libraires, qui m’offrent tous les mois du beau boulot en révision; je me compte privilégiée de travailler avec ces deux merveilleuses équipes. Aux côtés d’eux, des maisons d’édition et des organismes culturels font ponctuellement appel à mes services. Pour plus de détails, je vous invite à consulter mon curriculum vitae, que je viens de mettre à jour.

La «pigiste life», comme on s’amuse parfois à l’appeler pour en rire un peu, est bien sûr synonyme de liberté, mais aussi de contrainte.

En 2017, je me souhaite donc d’être plus libre et moins angoissée.

Parce que c’est aussi ça, la pigiste life.

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Sur la route du monastère

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Ce matin, je devais aller rencontrer mon comptable à Sherbrooke. À deux coins de rue de chez moi, je croise une vieille dame qui fait du pouce. Je niaise pas, elle devait avoir facilement quatre-vingts balais. Elle était cool avec son béret, ses cheveux blancs qui lui arrivaient au menton pis surtout son manteau de laine bouillie qui rappelait les fameuses belles couvertures de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Là, il me prend l’idée folle de virer de bord pis d’embarquer la vieille dame. Fait que je fais ça. Je baisse ma fenêtre, pis j’y demande : «Où est-ce que vous allez?» Elle me répond : «Au monastère». Quand elle me dit ça, je vois pas pantoute de quoi elle parle («C’est-tu une résidence pour personnes âgées, ça?» que je me demande. Ben non, niaiseuse, le monastère, c’est l’abbaye Saint-Benoît). C’est vraiment pas sur mon chemin, c’est même complètement en direction opposée de ma destination, mais, fuck off, ça peut être drôle, que je me dis.

Effectivement. C’était ben l’fun de jaser avec Mme Ford[1], une ancienne institutrice qui a toujours voyagé sur le pouce avec ses quatre enfants, ici comme en Europe (d’ailleurs, elle trouve que #lesgens, aujourd’hui, se méfient beaucoup trop des pouceux). Pour Mme Ford, y a rien de plus plaisant que les rencontres et les surprises sur la route. Tous les jours, pendant le carême, elle part de Sainte-Catherine-de-Hatley et se rend sur le pouce à Saint-Benoît-du-Lac pour assister à la messe des moines (un hobby comme un autre, j’espère au moins qu’elle en profite pour faire le plein de fromage). Lorsque je la dépose, elle me remercie et m’adresse le plus beau des sourires, avec des yeux moqueurs comme ceux qu’avait ma grand-mère. Tsé, ça fait quand même chaud au cœur.

En revenant sur mes pas, sur le chemin des Pères, je repense à Mme Ford, je me dis que j’aimerais ça être cool comme elle quand je vais être vieille. La route est super belle, on voit le lac Memphrémagog qui tranquillement dégèle, le mont Orford au loin, la neige dans les champs qui se fait de plus en plus rare; je repense au sourire et aux yeux moqueurs de la vieille dame… Bref, je fly dans ma tête.

Ben, je fly tellement que je me rends pas compte que je fly aussi en sale sur la route. Genre, au moins 100 kilomètres-heure alors que la limite est de 70. Pis là, qu’est-ce que tu penses? Je vois que j’ai des gros crisses de gyrophares dans le cul. Un char de police fantôme. Câlisse. Le policier m’arrête, m’apprend que je conduisais vraiment trop vite, prend mes papiers, me laisse niaiser cinq minutes dans mon char. Pendant ce temps-là, je repense à Mme Ford, je repense que j’avais crissement pas d’affaire là, me retrouver sur le chemin des Pères. Que moi, ma job, à matin, c’était pas de faire ma B.A. pis de jaser avec une vieille hippie, c’était d’aller voir mon comptable qui vit dans un semi-détaché beige à Rock Forest.

*

[1] Mme Ford s’appelle en fait Wilma Foyles. Josée Blanchette, qui a aussi croisé sa route (et moi celle de Mme Blanchette ce fameux matin-là), nous raconte un bout de son histoire dans sa chronique du 25 mars dans Le Devoir.

 

À la pige!

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En 2010, avec mon diplôme de maîtrise en études françaises en poche, je furetais sur le Web à la recherche d’un emploi intellectuellement stimulant. Autant dire que je cherchais une aiguille dans une botte de foin. Dois-je vous préciser que j’habite hors des grands centres, plus précisément en Estrie? Les mois passaient et je ne trouvais toujours rien. En fait, je croyais que seul l’enseignement au collégial était une avenue satisfaisante…

Après de nombreuses recherches (et rencontres auprès d’une conseillère en emploi d’un Carrefour jeunesse emploi), je découvre enfin une autre possibilité : celle d’être travailleuse autonome et d’offrir mes services de révision linguistique et de rédaction aux entreprises et organismes de la sphère culturelle. Mais encore? Comment fait-on pour «devenir» pigiste du jour au lendemain? Je ne me souviens plus de quelle façon j’ai appris l’existence de la mesure Soutien au travail autonome, mais ce jour-là, j’ai téléphoné à un agent du Centre local de développement pour lui parler de mon projet. Il était enthousiaste et m’a invitée à assister à une rencontre d’information, invitation que j’ai évidemment acceptée. Pour les personnes qui ignorent tout de la mesure Soutien au travail autonome, je vous invite à lire ceci et vous encourage, si vous avez la fibre entrepreneuriale, à tenter votre chance! Deux semaines plus tard, je présentais mon ébauche de projet à un comité d’une dizaine de personnes, et la journée même, mon agent m’apprenait la bonne nouvelle : le comité acceptait ma candidature et m’offrait la subvention! Durant ces mois, j’ai planché fort pour réaliser un plan d’affaires et développer ma clientèle et mon réseau professionnel. Je vous épargne les détails, mais disons que durant cette période, je me sentais un peu perdue… Tantôt euphorique, tantôt pessimiste, j’étais constamment en remise en question : «Est-ce vraiment viable, comme projet?», «Ai-je les compétences et les habiletés pour devenir travailleuse autonome?», «Suis-je prête à vivre avec l’instabilité et la précarité du statut de pigiste?» Et surtout : «Vais-je un jour être capable d’en vivre?» Mine de rien, cette question est loin d’être superficielle, surtout quand, comme moi, vous avez une dette d’études à rembourser qui correspond au montant d’une voiture neuve et deux petites bouches à nourrir! Si être travailleur autonome était si facile, je crois que tout le monde le serait. Mais ce n’est pas le cas : il faut être entêté, déterminé, patient, persévérant, savoir frapper aux bonnes portes, maîtriser les codes des réseaux sociaux, accepter la précarité, doser son anxiété, adopter un mode de vie plutôt solitaire, parfaire ses connaissances en comptabilité (!) et être extrêmement organisé. Bref, il faut tout cela… et bien plus encore.

Mes efforts auront été récompensés : j’obtenais un premier contrat pour une revue, un autre pour un magazine, un journal, une maison d’édition, un centre d’art… et ainsi de suite. Aujourd’hui, je suis la correctrice du journal Voir, en plus de réaliser des mandats de révision et de rédaction pour des clients dont j’apprécie les réalisations. Le chemin n’aura pas été facile – et rien n’est acquis dans le merveilleux monde de la pige –, mais j’aime croire que dans quelques années, je pratiquerai encore ce métier.

Merci à :

ZAQ, Voir, Nouveau Projet, Perle, Urbania, Sporobole, Materia, Conseil de la culture de l’Estrie, L’Instant même, Les malins, Le Journal de Sherbrooke et tous les autres qui m’ont fait confiance ou apporté votre aide : vous saurez vous reconnaître.


Mes souhaits en 2013

  Nouveau Projet

Au mois de juin dernier, j’écrivais un billet dans lequel je présentais trois nouvelles revues québécoises : Perle magazineZAQ et Nouveau Projet. Je réalisais déjà depuis quelques mois la révision linguistique de Perle, mais je ne me doutais pas que s’ajouteraient à ma liste de clients rêvés les noms de ZAQ et de Nouveau Projet! Alexandra Schilte, qui mène avec courage et audace la barque de ZAQ, me confiait même la rédaction d’une rubrique – «Carré aux dates» – que vous pourrez lire dans le prochain numéro du mois d’avril. Et quant à Nouveau Projet, dont le troisième numéro est en chantier, mon nom vient tout juste de s’ajouter à son équipe de réviseures. Joie, joie, joie! Alors si j’ai un souhait en 2013, ce serait de trouver, aux côtés de ces collaborations rêvées, la respectée revue Le libraire, bimestriel littéraire d’une très grande qualité. Et aussi, pourquoi pas, les éditions Le Quartanier, La Mèche, Alto, Marchand de feuilles ou, encore, la courte échelle! C’est lancé!